lundi 29 octobre 2012

Your Middle East: Blogger Lina Ben Mhenni: Tunisia – A Fledgling Democracy? "Tunisians who united to overthrow the dictator are now divided"








During the past week, and more specifically on October the 23rd, 2012, Tunisians were supposed to “celebrate” the one-year anniversary of the first, so called, democratic and transparent elections of the country. But a year later, the heart was not there. Despite the efforts of the parties in power, especially ‘Ennahda’ Islamist party, to present the day as a celebration, there were few flies in the ointment.

To read the article click here

jeudi 25 octobre 2012

Procés du Doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba

Aujourd'hui ce fut une autre journée triste pour la Tunisie . En effet, ce Jeudi 25 Octobre 2012, Monsieur Habib Kazdaghli, historien et  doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, a comparu devant le tribunal  de première instance de la Manouba pour  " acte de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions » suite à  une plainte déposée  contre lui par  une fille portant le niqab ou voile intégral l'accusant d'une agression physique contre elle. 

Depuis 8h 45 du matin les  collègues de Monsieur Kazdoghli, ses confrères des autres universités littéraires amis aussi scientifiques, le conseil scientifique de la faculté des lettres de la Manouba différentes composantes de la société civile, des artistes, des étudiants ainsi que des citoyens indépendants se sont déplacés en masse pour soutenir le doyen. 

Différents slogans ont été scandés dont :" université populaire, enseignement démocratique, culture nationale". L 'hymne nationale a été chanté à plusieurs reprises. A l'intérieur la salle était noire de monde. Et les avocats des deux parties étaient nombreux et ont demandé le report du procès.  Ce que fut le cas. En fait, Monsieur Kozdoghli comparaîtra de nouveau devant ce tribunal le 15Novembre 2012. 








Pour lire un autre billet concernant les incidents de la Manouba, cliquer ici
Pour plus de photos voir la Page Facebook  Tunisian Girl .

lundi 22 octobre 2012

Reportage photos Manifestation contre la violence

Quelques photos de la Manifestation contre la violence organisée à Tunis le 22 Octobre 2012;
بعض الصورمن مظاهرة ضد العنف نظّمت في تونس يوم 22أكتوبر 2012
Some photos from  a demonstration against violence oragnized in Tunis on October 22nd , 2012;


















dimanche 21 octobre 2012

WILL THE WOUNDS HEAL IN AL OMRANE? "Tunisians feel that the government has betrayed them. Their dreams and hopes have been stolen"

During the last months, social protests, denouncing the incompetence of the Tunisian transitional government, have proliferated and extended to several areas of the country. Different regions of Tunisia witnessed unrest as many Tunisians feel that the government has betrayed them. Their dreams and hopes have been stolen. Their sacrifices have been lost. However, the worst are their living conditions.
 Read the whole text :  here

dimanche 14 octobre 2012

Liberté de Presse en Danger : Grève de la Faim à Essabah et Procés contre un Journal à Djerba

Je rentrais de Cagliari . Heureuse des débats auxquels j'ai participé avec un groupe de jeunes intéressés par leur dimension  méditerranéenne et par l'Afrique. 

A l'aéroport mon père et deux amis ( dont l'un des blessés de la révolution) m'attendaient pour me conduire à Dar Essabah ... Émue de voir Sami Taheri -syndicaliste de renom et professeur universitaire- venu à la rescousse des grévistes de la faim. Émue de la détermination du personnel de Dar Essaba-toutes catégories professionnelles comprises- à défendre leurs droits, l'indépendance  de leur institution et la liberté d'expression. Émue d'entendre  des journalistes me demander de les soutenir encore plus...Émue jusqu'à en avoir les larmes aux yeux et la gorge nouée...
De là, on  a fait un petit saut pour souhaiter les Maala pour le mariage de Taieb. Furtivement.
Sur le chemin de retour à la maison, j'étais pressée de me replonger dans l'ambiance  tant "chantée" par Paul Klee d'Ezzahra et de de retrouver mes chats.

Et c'est alors que papa n'a trouvé mieux que de m’asséner un coup de massue sur la tête : "Le mensuel "Al Jazira" qui parait à Djerba  depuis 1980 risque de clamser"prononce-t-il avec beaucoup de difficulté et de façon soudaine. 

Comme Ezzahra, Jerba fait partie de mon être. Car terre natale de mes parents qui tiennent à y aller tous les ans. Et à plusieurs reprises. Et Al Jazira- pour moi- fait grandement partie de l'ambiance, du charme etd es particularités de Jerba.

C'est entre autres en lisant  régulièrement ce mensuel- dans lequel papa publie depuis plus de deux décennies- que je me suis familiarisée  avec les notions de préservation du patrimoine  naturel , historique et culturel ... C'est d'abord en suivant les pas de papa parmi les vestiges archéologiques  de Djerba  plus que méconnues et difficilement repérables que je me suis entichée d'histoire et que je me suis  intéressée aux racines si diverses te si complémentaires de mon Moi profond... C'est en me querellant de temps à autre avec papa  à propos d'Al Jazira  parce qu'un article de lui était publié sur un numéro  qui me paraissait trop dévoué au pouvoir en place ou qui comportait  un éditorial "trop lèche-cul", que j'ai su  ce qui étaient des notions comme " ne pas céder  des espaces, plutôt en gagner", "tolérer les différences , la diversité et même des fois ... les conneries...", "toujours tendre vers le mieux mais n gardant pieds dans la réalité réelle..." 
Et c'est "Al Jazira" qui a publié le premier article  que j'ai écrit alors que j'étais encore collégienne.

Dans mon esprit et, mieux, dans mon vécu  "Al Jazira", est ce canard qui a fini par devenir  le lieu de rencontre  de tous les Djerbiens quel que soit le lieu  de résidence  et de tous les amoureux de Djerba. Il est aussi  cette feuille qui a fourni une tribune à des voix  parfois si dissonantes, qui -en des temps pendant lesquels il était plus que difficile de s'exprimer- s'est faite porte-parole des écologiste, des amis du patrimoine, des quelques associations indépendantes, des historiens, géographes et urbanistes non conformistes.
"Al Jazira" est donc menacé de péricliter, de disparaître, de ne plus exister.
"Al Jazira" ne trouve plus de publicité. Les autorités publiques ne lui octroient plus d'annonces que parcimonieusement. Les privés, de leur part,  se font de plus en plus avares du fait de leur situation. 
Les autorités locales te régionales sont inscrits aux abonnés absents.
Certains des quelques mécènes qui aidaient le mensuel  parce qu'il" s'ouvrait à des voix non officielles" voudraient maintenant l’accaparer par leur ligne, leur idéologie ou la mouvance à laquelle ils adhèrent.
 Cette situation dure depuis bienot deux ans. 
Mais comme un malheur ne vient jamais tout seul. 
Voilà qu'"Al Jazira" est aujourd'hui menacé  d’être mené devant les tribunaux ...
Et par qui s'il vous plaît? 
Par la commune de Midoun. Ou précisément par  la Délégation Spéciale  qui a été désignée par les autorités pour la gérer.
En effet, "al Jazira" a bien été convoqué par la Garde Nationale pour répondre à une plainte en diffamation déposée contre elle par  la dite délégation spéciale  et pourquoi, s'il vous plaît.
Eh bien! C'est parce que Helmi Jariri ( journaliste en herbe  et fils du fondateur et rédacteur en chef, Lotfi Jeriri)  a osé dire dans un article publié dans le numéro d’août que Midoun a beaucoup souffert d'un plan d'aménagement  dépassé, de pratiques frauduleuses d'octroi d'autorisations  et de permis, et s'est demandé  si certaines de ces pratiques ne se perpétuent-elles pas?

Initiative malheureuse ou démarche mal intentionnée  de mise au pas ? Le résultat étant le meme dans les deux cas , la réponse importe peu . 
Mais c'est à nous tous de nous mobiliser.


mercredi 10 octobre 2012

Manifestation de Fourgonnettes !

Inscris !
En tête du premier feuillet
Que je n'ai pas de haine pour les hommes
Que je n'assaille personne mais que
Si j'ai faim
Je mange la chair de mon Usurpateur
Gare ! Gare ! Gare
À ma fureur ! Mahmoud Darwiche.



Je me rappelle de ces vers chaque fois ou je suis abordée par des gens qui n'apprécient pas mon soutien aux habitants des régions marginalisées par les gouvernements et les rois qui se succèdent sur le trône de la Tunisie, quand il s'agit de leurs arrestation ou de l'emploi de violence policière à leur encontre et quand ils expriment leur colère ou protestent pour réclamer des solutions à leurs problèmes sociaux et économiques. 

Dernièrement des personnes m'ont accusé d'anarchisme et de folie parce que je me suis mise du coté des habitants de Menzel Bouzayene et Al Omrane quand ils ont été sauvagement agressés par les forces de l'ordre suite à des actions protestataires qu'ils ont entrepris pour dénoncer le silence du gouvernement face à leurs multiples problèmes.  

En effet, les habitants de Menzel Bouzayene et Al Omrane ont protesté pacifiquement pendant des jours et des jours mais révoltés par le silence des officiels, ils ont décidé de couper la route non pas en mettant des obstacles mais en l'occupant. 

En réponse, nos politiciens au pouvoir, insoucieux de leurs citoyens et de leurs problèmes ont déployé les forces de l'ordre dans la région; des raids sur les maisons, utilisation de bombes lacrymogènes et de matraques, agressions, arrestations etc...Ils ont semé la terreur au lieu de trouver des solutions ou de privilégié le dialogue. 

  Ce soir si je raconte cette histoire c'est parce que j'ai été témoin d'une manifestation bien particulière dans la ville de Strasbourg: des conducteurs enragés de fourgonnettes blanches ont coupé un carrefour  dont l'emplacement est stratégique. Cela s'est passé à l'heure du pointe.Cela a engendré le blocage de la circulation des voitures et du tramway. Quand j'ai vu le nombre de voitures de police qui arrivaient, j'ai oublié  pour un instant que je n'étais pas dans mon pays et je croyais que ça allait dégénérer et j'attendais les bombes lacrymogènes mais rien de cela n'a eu lieu. 






Les policiers ont longuement et calmement discuté avec les manifestants et ont fini par les convaincre de quitter les lieux et tout est rentré dans l'ordre. 

Personnellement, je pense que chaque personne a le droit de s'exprimer et de protester de la manière qu'elle le veut et même si cette personne est fautive ce n'est pas en la réprimant qu'on va résoudre le problème ou la faire changer d'avis.   De plus, je veux dire à tous ceux qui se la jouent patriotes et qui qualifient les manifestants de bandits et d'anarchistes et nous répètent en boucle : "l’intérêt du pays passe avant tout" : L’intérêt du pays est dans l’intérêt de ces citoyens. Arrêtez d’être égoïstes et pensez un peu aux gens qui ne trouvent pas de quoi manger... Essayez de vous mettre à leur place.Imaginez vous sans le sou face à des enfants qui ont faim...
 Je veux conclure par leur dire que des grèves et des manifestations sont organisées même dans les pays les plus développés du monde et ce n'est pas parce qu'on proteste qu'on est un bandit ou  non patriote.   

  

lundi 8 octobre 2012

موقفي من جوائز تونيزيانا

علمت بمحض صدفة أنّ شركة تونيزيانا قد وضعت قائمة من المدوّنين يتمّ اختيارأحدهم أو بعضهم بواسطة التصويت و بالاعتماد على لجنة تحكيم 
كما علمت انّ اسمي مضمّن ضمن هذه القائمة,
و عليه يهمّني أن أوضّح ما يلي : 

لا علاقة لي لا من قريب و لا من بعيد  بالقائمة المشار اليها, و انّني لاستنكر تعمّد الشركة ادراج اسمي ضمنها دون استشارتي و الحصول على موافقتي.

بالاطلاّع على قائمة المرشّحين أجد لزاما عليّ أن أنبّه الى أنّ عديد الأسماء المضمّنة بها لا علاقة لها بالتدوين و بصحافة المواطنة , وأنّ بعض الاسماء لا علاقة لها بالنشاط المدني و الحقوقي بل  و منها من كانوا اتباعا بل أبواقا للنظام الذي خلع رأسه 


الشركة التي وضعت القائمة و أقرّت الجائزة هي في نظري  من المؤسسات التي  يجمع الناس و العارفون على أنّها تشكّلت  على أساس المحاباة و الزبونية و عدم احترام الحقوق العامّة  و أنّها تمثّل أحد الرموز الاساسية  للفساد المالي و الاداري  و السياسي الذي  و سم عهد المنخلع ... كما أنّ  وضعيتها الحالية  الاحقة  ل14 جانفي 2012ـ مازالت تتسمّ بالضبابية  و يصنّفها البعض على أنّها واحدة من المؤسسات  التي يطبع التصرّف فيها  انعدام الشفافية

  ,  و بالنظر لما أسلفته , و لانّني أرفض  فضا باتا خلط اسمي مع أسماء لا يليق بي أن أخلط  معها و لأنّي لا أقبل أن تستغلّني الشركة المعنية في اشهارها أو لتلميع صورتها  و تنقية سمعتها  فانّني أطالب الشركة بفسخ اسمي من قائمتها  و الاعلان على أنّ ذلك تمّ بطلب منّي  و أحتفظ بجميع حقوقي في مقاضاتها  ان لزم الامر

هذا وقد  عبّرت المدوّنة فاطمة الرياحي عن تبنّيها لموقفي و طلبت منّي اضافة اسمها الى هذا النص.

jeudi 4 octobre 2012

Vive la Femme Tunisienne !

Ce matin en m’arrêtant dans une station service sur l'Autoroute  A1, j'ai eu l'agréable surprise d’être accueillie par deux jeunes femmes souriantes qui orientaient les arrivants . On pouvait sentir leur  dévotion,enthousiasme  et sérieux. On ne pouvait que être charmés et par leur sourire et par leur accueil chaleureux dans un pays ou les services souffrent de plus en plus de la nonchalance.J'étais vraiment enchantée surtout que ce genre de service est dans nos traditions et société réputé être réservé aux hommes.






mardi 2 octobre 2012

L’Habitat, le Logement et la Planification territoriale et urbaine en Tunisie : Impressions et Réflexions d’une citoyenne ordinaire. Présentation ppour la Journée Mondiale de l 'Habitat à Oslo


Mesdames, Messieurs
Permettez-moi tout d’abord de préciser que ma formation n’est pas faite pour que je puisse parler aisément de thèmes comme l’habitat, le logement ou l’aménagement du territoire et la planification urbaine.
C’est d’ailleurs pour cela que j’ai beaucoup hésité à donner mon accord pour participer à votre évènement. Mais que puis-je faire, sinon répondre positivement, quand les organisateurs si gentils insistent pour que je participe et devant l’attrait et le charme qu’exerce  sur moi votre pays depuis que je l’ai connu.



N’étant donc pas du domaine, j’ai opté pour une intervention plutôt impressionniste d’une citoyenne tunisienne décidée à assumer et à assurer malgré tous les vents contraires sa citoyenneté en obligations et en devoirs.
C’est pour cela que vous n’allez pas m’entendre vous asséner des données chiffrées, des statistiques ou des références à des textes de loi ou de procédures.
Par contre j’aurai bien aimé vous présenter des photos et des images pour mieux vous rapprocher de la réalité vécue et visible. Sauf que mes autres engagements-notamment mon travail premier comme assistante  universitaire - ne m’ont laissé aucun répit pour mettre  en ordre et à jour ma photothèque idoine.
Mon père- qui m’a beaucoup aidé dans mes constats et réflexions sur les thèmes de notre débat, du fait qu’il a travaillé dans le domaine de la réhabilitation  et la rénovation urbaines (urban upgrading and renewal)  m’a raconté les deux anecdotes suivantes que j’ai trouvées beaucoup éloquentes et que je vous raconte en guise d’entrée en matière :

La première anecdote :

Un ami à mon père mi-étudiant-mi diplômé au chômage ayant des difficultés à trouver un abri permanent et trop pudique pour aller quêter une aide  en la matière auprès de ses amis et connaissances avait l’habitude, d’aller chaque fois il était sans toit se poster sur les marches du Théâtre Municipal (marches devenues mythiques avec la Révolution car devenues le point de ralliement le plus évident  de la plupart des manifestations et des mouvements  du centre ville mais connues aussi et malheureusement pour avoir été le lieu où ont été agressés nos artistes et nos intellectuels par une horde de nouveaux apprentis-sorciers, à l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale du Théâtre 2012.)
 Je disais donc que notre ami allait se poster sur les marches exhibant à côté de lui ce qu’il appelait « ma maison » : un petit sac dans lequel il rangeait tout ce qu’il possédait comme vêtements et lingerie, dépassant de sa poche de poitrine sa brosse à dents, et bien en évidence entre les mains avec la couverture orientée de façon à être facilement lisible par le passants :  le livre de Friedrich ENGELS : « La question du Logement ».
Et notre ami aussi patient qu’un pêcheur-attendait…

La deuxième anecdote :

Procédant à une enquête en milieu rural sur la question  du logement et les conditions de vie, étant voulue comme préliminaire pour un programme d’aide, mon père  a été surpris par un monsieur d’un certain âge, qui refusa  de répondre à ses questions et de lui permettre de remplir ainsi la fiche préalablement préparée pour la cause, et qui lui réclama, au contraire, en insistant auprès de lui pour qu’il transmette ses revendications aux « plus hautes instances », voire au « Combattant Suprême » lui –même  ( on était au début des années 80 et Bourguiba trônait  encore), je disais donc que notre monsieur réclama un montant d’argent assez élevé mais raisonnable  quand-même, en disant que c’était là son dû ou sa part de richesses nationales, qu’il tenait à percevoir en liquide tout en s’engageant à ne plus rien réclamer à l’Etat, ni pour lui , ni pour ses enfants.
Bien évidemment je n ‘ai raconté ces deux anecdotes que pour vous faire saisir mon état d’esprit : l’état d’esprit qui a régné, qui règne  toujours dans mon pays…Esprit fait d’hégémonie de l ‘Etat, d’un pouvoir se prétendant, sans en avoir réellement les moyens et les structures, capable de prendre en charge tous les besoins et même la destinée de tout le peuple, et de gens qui ont fini par s’imprégner d’une mentalité d’assistés… Mais aussi esprit fait de revendication et de défense des droits…

Mesdames, Messieurs,
Quand les français ont fini par accepter de rompre leur protectorat qu’ils avaient imposé à notre pays la plupart des tunisiens se logeaient dans l’insalubrité : dans des gourbis (petites pièces en torchi, argile et branchages) éparpillés dans les campagnes et réunis en gourbivilles en marge des grandes cités.
Le départ des colons et les premiers programmes de développement social des premières années de l’indépendance ont permis aux tunisiens de voir leur conditions d’habitat s’améliorer de façon évidente.
Mais dès les années 1970, et malgré une politique qui se voulait volontariste en la matière, la Tunisie a commencé à vivre une crise en matière de logement. Crise qui s’est traduite surtout par l’apparition de quartiers d’habitat dit anarchique ou spontané ou –bizarrement- populaire dont la caractéristique essentielle était l’absence des infrastructures et équipements de base.
Dés les premières années 1980 l’état s’est lourdement engagé en matière de réhabilitation (Upgrading) de cet habitat et aussi-mais beaucoup moins-en matière de rénovation des centres villes anciens  qui ont vu leur situation se dégrader avec le temps et le chargement de populations.
Par le recours à des programmes tant officiels et faisant partie du budget de l’Etat que para-officiels et dits « présidentiels » et de solidarité, mais –soit-il dit- tous fortement encouragés par les bailleurs de fonds  et notamment par la Banque Mondiale ainsi que par les instances internationales spécialisées comme l’UNCHS dit « Habitat », il a été annoncé que notre pays ne comptera plus à l’orée du nouveau millénaire de logements insalubres ou de quartiers démunis et que notre souci-en matière d’habitat-sera désormais d’améliorer et d’embellir le cadre de vie.

Je crois que nous y avons tous cru. En tout cas la plupart d’entre nous y ont cru.
Car les statistiques étaient là : rigoureuses, sûres d’elles-mêmes et claires comme l’eau de roche.
Vous prenez les données relatives à la population-nombre de ménages et nombre de personnes par ménages-vous prenez ensuite le parc logement existant… Vous divisez le deuxième sur les premiers et vous…. trouvez que nous avons plus de logements que de ménages. Vous prenez ensuite les conditions et modes d’habitat (facilités disponibles, nombre de pièces, matériaux de construction utilisés, et aussi statut d’occupation) et vous vous rendez-compte que nous bénéficions de densités d’occupation respectables par logement et par pièce de logement, que presque tout le monde dispose de l’électricité et que l’eau courante est généralisée sur tout le milieu urbain et assez bien fournie à presque la moitié des ruraux… et vous découvrez que la Tunisie est championne à l’échelle du monde entier pour ce qui est du taux de propriété des logements…
Vous lisez les documents officiels- ceux du gouvernement et des quelques associations plus ou moins affidées au pouvoir mais aussi ceux des instances internationales et vous vous sentez fier, détendue et tout sourires parce que vous réalisez que vous êtes dans le « pays de la joie permanente », le pays qui a investi dans l’homme et son bonheur, et que tout va bien.   
Je ne vous cacherai pas qu’on a été même jusqu’à voir  un pays ami de la Tunisie et voisin à vous –se désengager en matière d’aide et de coopération dans le domaine de l’habitat faute de… « besoins » et pour cause d’accomplissement total des objectifs.
En 2005 ou 2006 l’annonce des résultats du recensement population / logements a été deférée à plusieurs reprises parce que-nous a-
t-on à l’époque signifié le taux des logements rudimentaires ou insalubres dans le parc immobilier devaient être vérifiés encore et encore. Du fait qu’il était encore supérieur au taux décidé par son « Excellence le Président » c'est-à-dire un taux nul et au taux indiqué par les réalisations en la matière.
Il me semble, qu’ont avait à l’époque et pour des raisons évidentes oublié que la « vie est toujours en marche » et qu’alors qu’on remplaçait des logements rudimentaires existants d’autres du même genre  faisaient bien évidement apparition.
Mais il ya aussi d’autres explications à cela.
Je vous en exposerai certaines.
Les besoins dits  à caractères social étant soit- disant pris en charge par les pouvoirs publics, l’Etat ou ceux qui présidaient à se destinée, se sont fait un grand plaisir  en démolissant peu à peu les institutions et établissements publics, en ouvrant le secteur à des privés n’ayant ni les qualités requises pour un investisseur ni la compétence et dont le seul souci était de s’enrichir le plus possible et rapidement. En  moins d’une quinquennat le nombre de promoteurs immobiliers privés est passé de quelques unités à près de 1500.
Et on découvrira plus tard qu’il ne s’agit de fait que de quelques dizaines d’individus disposant de plusieurs sociétés chacun. Pour des raisons de détournement de fonds, de fraude fiscale et d’accès injustifié aux financements bancaires et aux incitations de l’Etat.
L’Etat s’est aussi désengagé pour ce qui est « maîtrise foncière ». Avant les prix des terrains étaient plus ou moins  régulés par l’octroi, à des prix modiques ou même symboliques, de terrains domaniaux au projets  d’habitat social ou économique, par les mécanismes d’échange ou même d’expropriation, par la fiscalité et par l’intervention d’établissement publics dans le financement, le lotissement, et la construction… les prix du foncier ont donc flambés… Multipliés par 2, puis par 10 puis par 100 et plus … La qualité du bâti, c’est indiscutable s’est beaucoup améliorée. Mais les prix sont devenus inabordables pour la majorité des familles . Surtout celles faisant partie des classes moyennes.
L’Anarchie qui était la particularité des quartiers dits populaires édifiés en dehors de toute légalité, en marge des périmètres des plans d’aménagement ou sans respect des règlements d’urbanisme, s’est petit-à-petit étendue à tout le milieu urbain.
Le népotisme, la corruption, le musellement de la liberté d’expression, les réseaux d’influence ont vite fait de dompter la planification spatiale et urbaine. Il suffisait que vous soyez en mesure de payer , que vous soyez bien introduit de « relations » , importantes soit en contact direct avec le « Patron » lui-même, soit  du moins avec la « Famille régnante pour que vous puissiez construire à votre guise.
D’un coup de stylo magique, la vocation d’utilisation change : l’inconstructible devient résidentiel, … les règlements relatifs à l’occupation du sol et aux niveaux ou à la surface constructibles est multipliée… les immeubles bien situés quoique revêtant un caractère patrimonial évident, sont démolis pour faire place nette à des immeubles dont le seul objectif est le gain rapide et démesuré et qui nuisent souvent en paysage urbain.
Tant de nos quartiers de villes, tant de nos villages plus charmants les uns que les autres malgré leur différences, ont-ils été ainsi défigurés ou balafrés pour toujours.

Puis la révolution vint…


Tout d’abord certaines régions de l’intérieur du pays grondèrent… Puis les quartiers périphériques du Grands-Tunis et de Sfax et d’autres villes laisseront libre cours à leurs colère, et des jeunes et moins jeunes de toutes les classes et de tous les lieux se rallièrent au mouvement… Le Roi s’est précipité vers son avion et soudain non pas le Roi mais la réalité de notre pays s’est révélée à nous dans la clarté : nue, honteuse et difficile à gérer.
Pour ce qui est de notre thème d’aujourd’hui, cela peut être rapidement brossé ainsi :
-      des quartiers populaires, des villages, villes et même des régions entières étaient-contrairement à ce qu’on nous a fait admettre-abandonnés à leur triste sort : ni programmes de développement, ni efforts d’encadrement social, fonds et aides détournés –un schéma d’aménagement du territoire injuste favorisant encore plus les régions développées et maintenant les régions et zones défavorisées dans le rôle de pourvoyeur en matières premières et en main-d’œuvre non qualifiée ;

-      des biens publics naturels, fonciers et financiers et autres détournés, spoliés et surexploités, alors qu’on nous servait à longueur de journées des discours flamboyants sur le respect de l’environnement et la durabilité du développement ;
-      des familles sens ressources, entassées dans un habitat souvent mal desservi en équipements et un chômage endémique touchant des centaines de milliers de jeunes gens dont plus du tiers  de diplômés n’ayant pu terminer leur études que grâce aux lourds sacrifices de leur familles qui en faisaient un investissement pour l’avenir ;
-      des projets et programmes qui n’étaient que des coquilles vides ont des paravents. Et des structures, institutions et organismes dont les communes, entièrement dominés, domptés et consacrés au quadrillage de la population et pour servir des intérêts douteux…

La révolution éclata… la réalité se révéla à nous. Et nous, tunisiens, on s’est rendu soudain compte que nous ne nous connaissions mutuellement point.
Et la aussi un autre mur, un autre rempart croula.
Maintenant nous nous connaissons mieux, nous nous intéressons beaucoup plus les uns aux autres, chacun parmi nous se voit fier de l’autre, découvre, comme un enfant ….. d’autres gens, d’autres territoires Et mesure combien nous avons tous été floués….

Maintenant nous ne reconnaissons plus les structures et institutions de l’Etat qui nous ont trompés. Nous avons évincé les conseils municipaux qui ne nous représentaient pas du tout et nous ignorons les conseils provisoires qui les ont remplacés en dehors de toute participation dans leur choix de notre part. Maintenant nous osons vérifier, contrôler, croiser les données, enquêter, interroger, créer des associations, se donner pour l’intérêt général, refuser tout diktat et toute oligarchie…Maintenant nous avons suffisamment de courage pour nous remettre en question et pour mettre en doute nos gouvernants.

La révolution éclata, s’est plutôt mise en branle et est entrain de perdurer malgré ses reflux et la pugnacité de ceux qui nous ont ravi le pouvoir.
En matière de maîtrise spatiale cela s’est traduit par la reconquête- bon gré malgré- des espaces publics : des places, placettes, avenues, centres-villes, par l’investissement de lieux qui sont les nôtres à tous mais dont nous étions privés, par l’appropriation des murs par nos peintres, tagueurs et jeunes en mal d’expression. Et cela est prometteur  pour nos lendemains. A condition que l’on puisse résister à ces nouveaux apprentis-sorciers qui voudraient nous renvoyer à des temps d’obscurantisme et de négation de l’intelligence humaine.

Sur le plan urbain, tout le monde en profite. De façon scandaleuse et irrécupérable – Tout le monde construit. En dehors de toute légalité. Sans aucun respect pour la réglementation urbaine et de construction.
Cela se fait par des gens qui ont un  besoin impératif pour se loger, ils le font de façon anarchique, et sans considération ni pour la nature et la vocation des terrains, ni pour les dangers  encourus pour ce qui est des inondations par exemple. Leur constructions sont faites à la va-vite, elles sont souvent laides et taciturnes.
Mais comme il s’agit de gens qui essaient de parer au plus urgent, de gens  démunis, de gens qui réagissent à des décennies entières de privations, je ne peux que leur trouver des excuses, des alibis et souhaiter que notre pays aura dans l’avenir l’intelligence, la possibilité et les moyens d’améliorer ce qui doit être amélioré.
Toutefois ces gens ne sont pas seuls à profiter de la déliquescence de l’appareil de l’état, de l’incompétence de ceux qui nous gouvernent et du relâchement de nos structures de contrôle.
Au contraire….
D’autres profitent de la situation, pour lotir là ou on ne peut lotir. Pour faire une extension qui ne devrait pas se faire. Au dépens du jardin, des spécificités architecturales, du confort visuel ou thermique du voisin, d’un espace public (un espace vert, un trottoir ou même la voirie...)
Des enragés sortant de nulle part et prônant le retour à des sources qui ne sont certainement pas perçues de la même façon par tout le monde, sont allés jusqu’à investir des lieux de culte pour s’y installer avec femmes et enfants et pour les transformer en lieux d’embrigadement, d’entrainement et de propagande. Certains parmi eux ont été jusqu’à démolir, maltraiter ou défigurer  des monuments historiques pour la simple raison qu’ils leur ont semblés ne pas correspondre  aux normes, leurs normes. A eux .
C’est là le tableau que j’ai pu rapidement brosser à partir de mes constats visuels rendus possibles du fait de mes pérégrinations incessantes à travers mon pays, de mes lectures et de mes discussions avec PAPA qui m’a toujours incité à m’intéresser à tout.
J’espère que chacun d’entre vous à pu y trouver quelque chose qui réponde à sa curiosité ou à ses centres d’intérêt.
Et pour terminer permettez-moi de revenir à mes deux anecdotes. Pour dire que la « question du logement » est encore cruciale dans mon pays, et que ce ne sont pas les 30 000 unités dont la construction en deux ans a été programmée par le gouvernement provisoire qui vont y apporter la réponse adéquate.
Surtout qu’un lever de boucliers a été entamé par nos architectes, bureaux d’études et ingénieurs dénonçant les procédures d’octroi du marché entachées pour le moins de manque de transparence, mais aussi les matériaux et les méthodes  retenus pour la construction.
Alors ne voudrait-il pas mieux procéder, comme l’a demandé le monsieur de la deuxième anecdote : en distribuant  plutôt l’enveloppe financière réservée  à ce programme aux bénéficiaires  potentiels pour qu’ils procèdent à l’édification de leurs logements. EN AUTOCONSTRUCTION
                                                                                                        

Merci pour votre patience.






Habitat, Housing & Territorial and Urban Planning in Tunisia: impressions and thoughts of an ordinary citizen.Text for the World Habitat Day in Oslo



First allow me to point out that I'm not a specialist when it comes to habitat, housing or spatial planning. That's actually the reason why I hesitated when I was invited to this event. But I couldn't help but answer yes when the kind organisers insisted on having me and also because your country had been appealing  to me ever since I came here for the first time.



Ladies and Gentlemen


As I'm not an expert, I've decided to go for an impressionist approach, as a tunisian citizen determined to accept and carry out the obligations and duties of her citizenship despite all headwinds.
 

Therefore you won't hear me declaim numbers, statistics or references to legislations or procedures.

However I wish I could have shown you photos and images to show you what the reality is like. But my other commitments, in particular my position at the University of Tunis, didn't give any break and I've been unable to update an appropriate picture library.

My father, who's always been helping me a lot in my observations and studies on the topic we're talking about, worked in urban upgrading and renewal and told me two anecdotes which speak for themselves and that I would like to use as an introduction.

Here's the first anecdote:
A friend of my father, half way through his studies, was unemployed and had a hard time finding a place to live. He was too modest to ask for help and, whenever he didn't have a place to stay, he would sit on the stairs of the municipal theater.

The stairs of the municipal theater have become a symbol of the Revolution as they were the meeting point for many manifestations and protests taking place in the city center. This is also where  many artists and intellectuals were attacked on World Theater Day (March 2012)

So this friend sat on the stairs of the municipal theater, exposing what he called "my home": a bag where he kept all of his belongings: clothes, underwear's. He had his tooth brush in his shirt's pocket and he held a book, making sure all passers-by could easily read the title. It was Friedrich  Engels's book: The Housing Question (1873)

And our friend would sit there, as patient as a fisherman…

Here's the second anecdote:

My father was conducting a survey in the countryside about housing and living conditions. The survey was compulsory in preparation for an aid program. My father was very surprised by an older man who refused to answer the survey and asked him, instead, to pass on his demands to the authorities and if possible to the Supreme Fighter, the president Bourguiba himself. This man also asked for money, saying he was only claiming his due or rather his share of the national wealth and that he would never ask for anything else ever again.

The reason why I told you these two anecdotes is to give you an idea of my state of mind and the state of mind in my country. It's made of the supremacy of the State, of a power which pretends to be able to answer all needs and take care of the destiny of the people - even though it can't afford it. This led to the creation of what we call a mentality of assisted people.

When France finally put an end to the protectorate it had imposed in Tunisia, most Tunisians lived in misery and insalubrity, in slums (houses made of cob, clay and branches), spread through the countryside or gathered in slums outside big cities.

The departure of the colonists and the first social programs after Tunisia became independent improved living conditions manifestly.

But in the seventies, despite voluntarist politics, Tunisia saw a housing crisis emerging. This crisis showed in spontaneous and anarchist housing which had no infrastructures, no facilities.

When came the eighties, the government got involved in upgrading these neighborhoods but also on a smaller scale, in renovating the old city centers which had been damaged through time.

Through official programs, part of the national budget, and through semi-public or solidarity programs, with the support of the World Bank and the UNCHS 'United Nations Centre for Human Settlements' aka Habitat, it was announced that our country would have any insanitary housing or impoverished neighborhood by the start of the new millennium. From then on, our main focus would be improving and embellishing our living.

I think we all believed in these announcements. Most of us, for sure, believed in them.

Statistics were there: meticulous, confident and crystal clear.

You take the statistics of a certain group, number of households and number of people per household, and compare it with the existing real estate and find out that there is more housing than households.

Then you take housing conditions: facilities available, number of rooms, construction materials - and you realize that we enjoy a good density of population, that almost everyone has electricity at home, that most of the urban population and half of the rural population has running water - and you find out that Tunisia is a world champion when it comes to property rate.

You can read official documents - both from the government, attached organizations and international organizations, and you feel proud, relaxed and all smiles because you realize you're living in a country of permanent joy, a country investing in his people and their happiness and that everything is just fine.

We even saw a neighbor country, withdrawing from Tunisia, ceasing all aid programs, because all goals had been accomplished and there were no needs left.

In 2005/ 2006, the publication of a new national census kept on being postponed and the results when it came to insanitary or undeveloped housing, kept on being re-evaluated as they didn't match the rate the president had decided, a rate close to zero.

It looks like, we had forgotten then that life is constantly on the move and that while we got rid of undeveloped housing, new ones kept appearing. But there were a few other explanations.

Let me give you a few examples.

All social needs were said to be taken care of by the authorities and the State took delight in getting rid of institutions and public organizations, opening this sector to private companies which didn't have neither the qualifications nor the skills but only the will to make money.  In less than five years, the number of private property developers went from a handful to nearly 1500.

And we found out later that it actually was only a few individuals, each of them using several companies simultaneously for misappropriation of funds, tax fraud and illicit and unjustified access to public financings.
 
The State pulled out from land control. Previously, plots of land were regulated through granting state-owned plots to social housing, through exchanges or expropriation, through taxation or involvement on different stages such a financing, construction…
But of course, real estate prices went up, first twice as expensive and then ten times more expensive and then hundred times more expensive… The quality, however, didn't improve much and is questionable. It became prohibitively priced for most families, especially in the middle class.

The anarchy that was typical of working-class neighborhoods, built outside the legal frame, outside the city plan, outside urban regulations, slowly spread over the entire urban environment.

Nepotism, corruption, restrictions of freedom of speech and influence networks quickly overcame urban planning. As long as you could pay, as long as you were introduced by the right person, you could  build as you liked.

With a magic pen, the use purpose could go from unconstructible to residential; regulations relating to occupation surfaces and building lands was increased. Well-located buildings were demolished even though they belonged to a historical heritage, with for the sole purpose of quickly making money. Many of our neighborhoods, many of our lovely villages, became mutilated and slashed forever.

And then the revolution came.

First, some areas inland started to rumble and then the outlying neighborhoods around Tunis and Sfax and a few other cities let their anger show and people of all ages and all background joined the protest. The King immediately rushed to his plane and left and without him, the reality of our country appeared to us: naked, ashamed and difficult to manage.

When it comes to the topic we're discussing today, it can be described as follow :

- Working-class districts, villages, cities and even entire districts were, contrary to what we were made to think, abandoned to their fate. There were hardly any urban program, social supervision or fundings. An unfair planning scheme promoted developed areas and kept  disadvantaged ones as suppliers of raw materials and unqualified labour.

- National resources, public properties and funds were misappropriated, stolen and exploited while we were constantly told about environmental conservation and sustainable development.

- Families without means of support were packed in badly-served districts and endemic unemployment affected hundreds of thousands of young people. A third of them could complete their university degree only after their families sacrificied much as an investment for the future.

- Some programs were nothing but empty shells or screens with nothing behind. Some other institutions or organisations were meant to watch and control districts and to serve shady interests.

The revolution broke out and the reality appeared before us. And we, Tunisians, we realized that we didn't know each other. And another wall collapsed.
Now we know each other better than before, we are more interested in each other, each of us can be proud of his fellow countrymen and discovers, as a child, other people, other districts, and realized how deceived we were.

Now we don't recognize any longer the State infrastructures and organizations we were fooled by. We unseated the municipal councils that weren't represented us at all and we're ignoring the temporary councils which replaced them without our consent. Now we dare to check, control, cross-check data, investigate, ask, create our own associations, devote ourselves for the general interest and refuse any diktat or oligarchy. Now we're courageous enough to  question ourselves and to call out government into  question.

The revolution broke out or rather, the revolution was set in motion and still is in motion despite ups and downs and despite the fighting spirit of those who took the power from us.

On a spatial level, this can be seen by winning back public spaces: squares, avenues, city centers,
by taking over places which are ours but which had been taken away from us,
by seizing walls and giving them to painters, graffiti artists and young people looking for a way to express themselves. And this is promising for the future.
On one condition: resisting against those who want to take us back to dark times of obscurantism and to deny us human intelligence.

On an urban level, everyone is taking advantage of the situation. It's both outrageous and beyond repair but everyone's building, in breach of the law, without any respect for urban and building regulations.

But these people have to have a place to live and they're creating it from scratch, in total chaos, without taking into consideration the environment,  the nature of the grounds or the possible risks of building in an area liable to flooding for instance. These constructions are set up in a rush, they're ugly and shabby.

These people are trying to deal with the most urgent matters first. They're helpless and they're reacting against decades of deprivations. I can't help but find them excuses. And I hope that in the future we'll be have the intelligence and the possibility to improve everything that needs to be improved.

However, these people are not the only ones taking advantage of the decline of the State, of the incompetence of the governments and of the loosening of the structures that usually control us.

Quite the contrary.
Others take advantage of the situation, to allot where it's not allowed, to create an extension, at the expense of gardens, at the expense of architectural features, at the expense of visual or thermal comfort of the neighbors, at the expense of public spaces such as parks, sidewalks…

Some fanatics came out of nowhere and advocated for a return to basics that weren't  interpreted the same way by everyone. They stretched to taking over religious places and settled there with their wives and children in order to turn them into new places of recruitment, training and propaganda. Some of them even demolished, mistreated and mutilated historic monuments, claiming they were non standards. Obviously not their own standards.

This is a quick outline of the situation, based on my observations through my constant travels across my country, my readings, my discussions with my father who's always encouraged me to be interested in everything that comes my way.

I hope that each of you found something of interest in this presentation, depending on your curiosity or interests. To conclude, allow me to get back to the two anecdotes I started with. The housing question is still crucial and the 30.000 housing units the temporary government plans on building won't be enough of an answer.

The outcry of our architects, study offices and engineers denounces procedures that still lack transparency and criticize both the materials and the methods chosen for these new constructions.

As the man of the second anecdote asked, wouldn't it be better to distribute the content of the envelope of this program directly to the recipients and let them build their houses themselves?

Thank you for your attention.